Ecriture intuitive : 5 février 2011
15 years ago
General
Le vent s'épaississait de brumes, et bientôt disparaissait l'horizon bleuté du ciel et de l'eau pour laisser place à un voile blanchâtre. Que penser d'un tel vol, que faire d'une telle infamie ? Quelqu'un avait volé l'horizon. Plus loin que mon regard, il s'était perdu, et quelqu'un l'avait ramassé. La brume s'épaississait, voleuse, perfide, traitresse, qu'allait-elle voler au monde encore ? Bientôt, la mer disparut de mon regard, et rejoignit l'horizon dans un butin mal gagné. Qu'allait-elle voler encore, la brume ennemie ? Je la sondais de mes yeux, aussi concentré que je le pouvais, mais je ne put l'empêcher de voler la côte sous mon regard. L'horizon, la mer, la côte, comment pourrais-je vivre sans eux ? Elle a volé mes ballades au bord de l'eau, mes longues marches pieds nus dans le sable, tant de souvenirs qui se perdait dans mon esprit. J'avais beau les rechercher dans les tréfonds de ma mémoire, je ne les retrouvait plus. Mais voilà que la brume s'épaississait encore, et vola ma fenêtre. Elle s'approchait, et s'approchait encore, me laissant toujours moins d'espace, moins de monde, moins de moi. Bientôt mon salon disparut aussi et rejoignit ses rapines, et ma mémoire fut vidée de presque tout ce qui la contenait. Il ne restait que moi, rien que moi, rien de plus. Je leva mes mains devant mes yeux, voulant m'assurer de ne pas les perdre, mais elles disparurent elles aussi. Je n'avais plus de main, j'étais devenu handicapé, ce que je ne pouvais admettre. Qu'on touche à mon esprit, mais pas à mon corps ! Je me concentrais plus que jamais je ne me suis concentré, pensant à ma main. C'est simple, il m'en restait une autre, je la prenais pour modèle. Et bientôt, devant mes yeux étonné, elle réapparut. Devant cette victoire, la brume s'enfuit, se dissipa, s'envola. Je la chassais de toute ma volonté, et elle s'en allait toujours plus loin. Bientôt revint mon salon, et je me souvins de lui. Réapparut ma fenêtre, et je la retrouvais en ma mémoire. Bientôt, le paysage fut reconstitué, une côté, une mer, un horizon bleu de part et d'autre. De ma volonté, j'avais tout recréé, et détruit cette brume malveillante. J'étais un Dieu, créateur et protecteur. J'étais un Dieu, et pour cette raison, tout ce que j'ai créé m'appartenais.
were99
~were99
Si triste et doux à la fois, les mots sont magnifiques, utilisés avec brio, dans une danse envoutante, une demi-transe qui dessine la scène (enfin peut être que çà ne le fait qu'à moi ?! ) En tout cas je suis émerveillé par la puissance de lignes <3
-Who-
~-who-
OP
Merci pour tes flatteries =p. Je précise ce que je veux dire par écriture intuitive : ca a été écrit sans savoir au préalable ce que j'allais écrire, ca m'est venu au fur et à mesure, en évitant au maximum les instants sans taper a clavier, et sans être retravaillé après (je constate même que les fottes sont bien présentes un peu partout.). Bref, à peu près le contraire de ce que je fais habituellement =p
FA+